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There are days when it feels like running on ground that’s crumbling beneath your feet. You do what you can, you hold on, you try to be efficient and productive… and yet, everything feels more fragile.
Governments keep making everything more precarious, and this isn’t an abstract idea. It’s a reality that seeps into every corner of life. More bankruptcies, more unstable flex jobs, and more citizens pushed aside, fighting over scraps. It shows in how we look for work, in how we imagine the future, in the sheer amount of energy it takes just to stay upright. Over time, exhaustion stops being an episode. It becomes part of the furniture.
And in the middle of all that, there’s the gaze of others. The so-called “well-meaning” people who, sometimes without bad intentions (at least, I hope so), drop the sentence that makes everything overflow: “If you can’t find anything, it’s because you’re not looking hard enough.”
As if the problem were necessarily individual. As if willpower alone could compensate for a system that’s breaking down. As if precariousness were just a lack of effort, a poor method, a personal flaw. That refrain is violent because it shifts the blame: it turns a structural situation into an intimate fault.
What many people don’t see is everything that happens behind the scenes.
Looking for a job is already a job.
Trying to create your own is a permanent construction site.
Selling articles or services means learning to be, all at once, a creator, a communicator, a salesperson, a manager, and sometimes even your own psychological support, especially when sales don’t come.
And while doing all that, we keep producing. We keep publishing. We keep bringing something passionate into the world.
For some, it’s a survival tool. A way to express or even expel tension. To give shape to fear, but also to find a thread again when daily life pulls in every direction.
Releasing songs isn’t just escaping reality. It’s often facing it differently, with words, a voice, a rhythm. It’s saying: I’m here, I feel, I keep going. I EXIST.
A way of refusing the simplistic narrative that reduces everything to individual effort. When you’re told over and over, “If you really wanted to, you could,” continuing to create is an answer without slogans. It shows reality in all its complexity, its fatigue, but also its quiet tenacity.
It’s also a way of reclaiming a bit of power. When you’re reduced to statistics, to a “profile,” to an administrative box, creation reminds you of something essential: you’re not a file. You’re a person. You’re not “the problem”; you’re someone acting despite obstacles.
It’s necessary to say things clearly: no, everything doesn’t come down to the individual. No, not everyone starts with the same cards in hand. When rules keep changing, when protections disappear, when precariousness becomes the norm rather than the exception, asking individuals to simply “try harder” is blindness, or denial.
That discourse reassures those who are doing fine, because it gives them the illusion that their situation is solely the result of merit. But it isolates those who are struggling. It traps them in shame, in silence, in the idea that they’re responsible for what’s happening to them. The reality is far more complex, and often far more brutal.
Continuing to create in this context isn’t denying the difficulty. It’s refusing to disappear. It’s refusing to let exhaustion, fear, or anger be smothered by empty injunctions. It’s saying that even weakened, even at the end of one’s rope, there’s still a voice, and that voice deserves to be heard.
Creating, publishing, sharing is also a way of reaching out. Of telling others: you’re not alone. Behind every song, every text, there’s often an attempt at connection, a message in a bottle. Not to complain, but to exist together in a world that individualizes everything, including distress.
For those who wish to listen to the two latest releases, here are the links (on separate lines for proper integration):
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Between celebrating Imbolc and admitting to being barely standing, there’s a whole truth: a call for help, and an exhaustion that doesn’t need to be justified. Continuing isn’t always about doing better or stronger. Sometimes, continuing is already a silent, but very real, victory.

Il y a des jours où l’on a l’impression de courir sur un sol qui s’effrite. On fait ce qu’on peut, on s’accroche, on essaye d’être efficace et productif… Et pourtant, tout semble plus fragile.
Le gouvernement continue de tout précariser, c’est une réalité qui s’infiltre partout. Toujours plus de faillites, de flexijobs précaires et toujours plus de citoyens exclus qui se battent pour ces quelques miettes. Dans la manière dont on cherche un emploi, dans la façon dont on envisage l’avenir, dans l’énergie qu’on doit dépenser juste pour rester debout, la pression devient toujours plus imposante. À force, la fatigue n’est plus un épisode, elle fait partie des meubles.
Et au milieu de ça, il y a le regard des autres. Les “bien-pensants” qui, parfois sans mauvaise intention (enfin, je l'espère), lâchent la phrase qui fait déborder le vase : « Si tu ne trouves rien, c’est que tu ne cherches pas bien. » Comme si le problème était forcément individuel. Comme si l’on pouvait, à force de volonté, compenser un système qui se dérègle. Comme si la précarité n’était qu’un défaut d’effort, un manque de méthode, une faiblesse personnelle. Ce refrain là est violent parce qu’il renverse la charge : il transforme une situation structurelle en faute intime.
Pourtant, ce que beaucoup ne voient pas, c’est tout ce qui se joue en coulisses :
Chercher un emploi, c’est déjà un travail.
Tenter de créer le sien, c’est un chantier permanent.
Vendre des articles et des services, c’est apprendre à être à la fois créateur, communicant, commercial, gestionnaire, et parfois même soutien psychologique de soi-même, même si les ventes ne sont pas au rendez-vous.
Et pendant qu’on fait tout ça, on continue quand même à produire, à publier, à mettre au monde quelque chose de passionné.
Pour certains, c’est un outil de survie. Une manière d’exprimer, voire d’expulser la tension, de donner une forme à sa peur, mais aussi de retrouver un fil quand le quotidien tire dans tous les sens.
Publier des chansons, ce n'est pas que s'évader du réel : c’est souvent l’affronter autrement, avec des mots, une voix, un rythme. C’est dire : je suis là, je ressens, je continue. J’EXISTE !
Une façon de refuser le récit simpliste qui voudrait que tout se résume à un manque d’efforts individuels. Quand on te répète que « si tu voulais vraiment, tu pourrais », continuer à créer, c’est répondre sans slogan : c’est montrer le réel, dans sa complexité, sa fatigue, mais aussi sa ténacité.
Et c’est enfin une manière de reprendre un peu de pouvoir. Quand on te réduit à des statistiques, à un “profil”, à une case administrative, créer rappelle une chose essentielle : tu n’es pas un dossier, tu es une personne. Tu n’es pas “le problème”, tu es quelqu’un qui agit malgré les obstacles.
Il faut aussi accepter de dire les choses clairement : non, tout ne se joue pas à l’échelle individuelle. Non, tout le monde n’a pas les mêmes cartes en main. Quand les règles changent sans cesse, quand les protections disparaissent, quand la précarité devient la norme plutôt qu’une exception, demander aux individus de simplement « faire plus d’efforts » relève de l’aveuglement ou du déni.
Ce discours rassure ceux qui vont bien, parce qu’il leur donne l’illusion que leur situation est uniquement le fruit de leurs mérites. Mais il isole celles et ceux qui luttent. Il les enferme dans la honte, dans le silence, dans l’idée qu’ils seraient responsables de ce qui leur arrive. Or, la réalité est autrement plus complexe, plus brutale aussi.
Continuer à créer dans ce contexte, ce n’est pas nier la difficulté. C’est refuser de disparaître. C’est refuser que la fatigue, la peur ou la colère soient étouffées sous des injonctions creuses. C’est dire que même fragilisé, même à bout, on a encore une voix. Et que cette voix mérite d’être entendue.
Créer, publier, partager, c’est aussi tendre la main. Dire à d’autres : tu n’es pas seul. Derrière chaque chanson, chaque texte, il y a souvent une tentative de lien, une bouteille lancée à la mer. Pas pour se plaindre, mais pour exister ensemble dans un monde qui individualise tout, y compris la détresse.
Pour celles et ceux qui souhaitent écouter les deux dernières publications, voici les liens (sur des lignes séparées pour intégration correcte) :
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Entre fêter Imbolc et dire être KO debout, il y a toute une vérité : un appel à l’aide, et une fatigue qui n’a pas besoin d’être justifiée. Continuer ne se résume pas à chercher mieux ou plus fort. Continuer, parfois, c’est déjà une victoire silencieuse, mais bien réelle.
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